Un peu d’histoire

Une histoire très abrégée de Saint-Charles…

Saint-Charles : pourquoi son nom ?

Sans doute un peu de saint Charles Borromée, et beaucoup de Charles Démia, qui fonda, en 1680 à Lyon, la congrégation des sœurs de Saint-Charles (placée sous le patronage de Charles Borromée) et qui fut, dès le début du 17e siècle, l’un des précurseurs de l’enseignement…

Sa naissance :

Depuis 1815, les sœurs de Saint-Charles assumaient à l’hôpital Sainte-Barbe une double mission : soins aux malades, et enseignement « pour les enfants de la charité » ; cette dernière mission aboutit à un tel essor de l’« école des demoiselles » qu’il n’est plus possible de continuer à faire l’école dans l’hôpital.

En 1836, le conseil communal décide de fonder un pensionnat en choisissant un local plus convenable. M. Catet, vicaire général et supérieur de la maison-mère de Lyon approuve ce projet et en confie l’exécution à M. Ambrois, curé de Notre Dame à Manosque.

Simultanément, le conseil communal souhaite doter la ville d’une école gratuite pour les filles, et il en confie la direction aux sœurs de Saint-Charles. Sœur Elisabeth sera ainsi la première directrice de l’école. Le personnel se compose de quatre religieuses : une supérieure, deux sont chargées de l’enseignement et la quatrième assume les « bas offices ». Les deux religieuses enseignantes se rendent deux fois par jour à la salle d’école, alors située dans la grande rue, puis transférée plus tard place des Ormeaux.

Trois ans plus tard, en 1839, les sœurs font l’acquisition d’un immeuble et de ses attenances situés sur le boulevard des Lices (n°7), dans le quartier des Saints-Anges et contre la chapelle des Pénitents gris (d’après l’abbé Féraud). Elles l’agrandissent et l’aménagent pour créer un édifice spacieux et « tout à fait digne de sa destination » . Ainsi naissait le pensionnat-école Saint-Charles. En ce temps-là, il était entouré, du côté du Midi, de cours et jardins et orné d’une fontaine…comme l’évoque Jean Giono, qui y fut scolarisé en 1901 – 1902, dans ses souvenirs d’enfance (« Jean le bleu »).

Ainsi pourvu d’un pensionnat, l’établissement peut accueillir des jeunes filles résidant dans les villages voisins.

Les années s’écoulent…

En 1905 est promulguée la loi de séparation des Églises et de l’État : les congrégations religieuses seront frappées de l’interdiction d’enseigner. Le pensionnat de jeunes filles ferme son internat …qui devient une pension de dames.

Un vingtième siècle très dynamique : contrats, mixité, extension des locaux …

En 1912, l’établissement est vendu aux enchères et racheté aux sœurs de Saint-Charles  pour 17 000 francs or, à la condition que la sœur directrice reste.

Puis les congrégations vont être à nouveau autorisées à enseigner. Et c’est ainsi qu’en 1912, Melle Marie-Françoise Fafournoux se voit accorder l’ouverture d’une école avec pensionnat, et école enfantine annexée…Saint-Charles renait ! 

En 1914, est créée une SCI.

En 1939, les sœurs de Saint-Charles se retirent au profit des sœurs de Saint-Martin de Digne, avec l’arrivée de sœur Alix Reybaud, qui va remplacer Catherine Gonot et diriger l’établissement pendant  33 ans.

Désormais, Les religieuses sont chargées uniquement de l’enseignement, et ce sont les notables qui assurent la gestion de l’établissement.   Parallèlement, les frères des Écoles de la Doctrine Chrétienne,  qui dirigeaient l’école de garçons Saint-Raymond (actuelle aumônerie) depuis 1829 et qui avaient du abandonner leur mission suite à l’application de la loi de 1905, vont demander la ré-ouverture de leur école. L’accord sera donné en 1943, et l’école des Frères fonctionnera jusqu’en 1947. Et en 1952, les sœurs de Saint-Martin feront de Saint-Raymond un jardin d’enfants.

En 1959 est promulguée la loi Debré qui organise les rapports entre l’État et les établissements privés et définit les contrats d’association. Une Association d’Education Populaire est créée. Les sœurs, devenues locataires, versent un loyer de 10 francs symboliques à la SCI.

En 1961, l’école primaire passe sous contrat simple, et elle devient mixte en 1966.

En 1967, première extension immobilière avec la construction du « Cèdre » destiné à héberger le Collège d’Enseignement Général de filles (c’est l’actuelle école primaire).

En 1969, le collège devient mixte. Et les effectifs continuent leur courbe ascendante, ce qui va conduire à la suppression de l’internat en 1972…pour pouvoir créer des classes supplémentaires.

C’est aussi en cette année 1972 qu’arrivera sœur Germaine Layrac, dernière religieuse à assumer la direction de l’établissement, et ce, jusqu’en 1974.

1974 : Suzanne Leblanc sera la première directrice laïque, nommée par le Directeur diocésain.

En 1975, une nouvelle construction voit le jour : la cantine.

En 1976 : le CEG devient CES.

En 1978, la SCI cède les propriétés à l’association Saint-Jean nouvellement créée.

En 1980, l’école privée Saint-Charles (primaire et collège) signe un contrat d’association avec l’État, contrat qui prendra effet dès la rentrée scolaire 1981-1982.

Simultanément, le lycée ouvre ses portes, offrant les 3 bacs généraux : S, ES et L. Mais, il sera progressivement fermé sur 3 ans, de 1997 à 2000, pour permettre aux élèves de 2nde d’accéder au bac, et le collège sera par contre renforcé par l’ouverture d’une troisième classe par niveau (donc un collège de 12 classes ).

Le nouveau millénaire, et l’heure des grands aménagements…

Dès la fin des années 90, les effectifs sont en continuelle augmentation, les enseignements évoluent avec leurs exigences et la mise en place de nouvelles technologies, ce qui implique des réaménagements conséquents : création des labos de sciences, salles informatique et video, arts plastiques, CDI…

C’est en 2001 que sera construite la nouvelle école maternelle pour l’agrément et le confort des « Lapins », « Ti nours » et « P’tits Loups »…

En 2002, l’ancien bâtiment qui fut la première acquisition des religieuses de Saint-Charles est rasé, après de longs et loyaux services, sa réhabilitation s’avérant trop onéreuse.

En 2006, une salle à manger destinée aux enfants de l’école maternelle est ajoutée au self construit en 1975 et la cuisine est agrandie.

Toutes ces constructions et modifications, ces « cures de rajeunissement », telle la vieille façade du collège sur le boulevard Casimir Pelloutier et son grand portail, peuvent réveiller une certaine nostalgie du Saint-Charles d’antan, aux odeurs de feu de bois, de craie et de cire…

Mais elles sont aussi le signe certain que notre établissement a su , tout au long de ses 168 ans d’existence, s’adapter aux nouvelles exigences de l’enseignement, tout en continuant à prôner des valeurs jugées indémodables.